La Providence des Portes en Ré

La Providence, chef d’écluse Jean-Louis Giraudeau, est une écluse située aux Portes en Ré, à l’entrée du Pertuis Breton. Son équipe de codétenteurs est notamment composée de Thierry Poletti, Jean-Marc Rayton, Jean-Pierre Amelin, Massimo, Jean-Claude Coureau. C’est la plus petite des 3 pêcheries en pierres qui sont en activité aux Portes en Ré, la plus grande étant La Chiouze, puis vient La Grande Écluse, et enfin La Providence avec ses 445 mètres de mur et sa surface de 22 360 m2. On y accède facilement, comme pour toutes les écluses des Portes en Ré, soit par la plage du Gros Jonc, soit par le lieu dit de La Providence. Elle est entourée d’écluses en ruine, L’Hirondelle au sud et La Glatière ou La Clatère au Nord.
En 1820 Monsieur Offret, commissaire de la Marine (?), manifeste dès sa prise de fonction, son irritation au sujet des conflits permanents concernant le non respect de la réglementation sur l’écartement trop faible des barreaux de claies des pêcheries en pierres de l’île de Ré dont La Providence des Portes fait partie. En fait, l’écartement des barreaux doit permettre aux alevins et petits poissons de s’échapper lorsque l’écluse égoutte et ce n’est pas le cas à La Providence où les barreaux ne laissent pas passer le menu fretin. Comme la majorité des codétenteurs de pêcheries dans l’île, on se hâte dès que les contrôles sont passés d’entrecroiser des branches de tamarins ( Tamaris gallica ) pour prendre tous les alevins et divers « aubussons et autres abusseaux » ( Atherines qui sont appelés encore Prêtres ou éperlans de nos jours )....
Entre 1853 date de destructions de nombreuses écluses et 1868 date de reconstructions, les observations d’évolutions du trait de côte attestent de la part des habitants de la côte et de l’Administration que les écluses à poissons sont protectrices des rivages contre les assauts de la mer, raison pour laquelle les reconstructions sont décidées. Les pêcheries en pierres, au-delà de leur rôle de participation à l’alimentation des insulaires sont donc alors considérées comme de véritables remparts séculaires contre les colères de la mer.
A partir de la guerre de 1914-1918 de nombreuses pêcheries des Portes sont délaissées, ne restent que La Providence et L’Hirondelle qui disparaîtra au cours des années cinquante.
On voit donc au travers de ces informations révélées par Jacques Boucard, l’historien des écluses à poissons que ces pêcheries ont traversé des moments difficiles qui ont mené la plupart d’entre elles à leur disparition. La Providence qui est toujours en activité en 2018, n’en demeure pas moins une écluse pêchante et solide.

Dominique Chevillon